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Le 09/03/2010 à 09:30 | Mis à jour le 09/03/2010 à 16:55
 

Rugby - Top 14

Paris ne voit plus la vie en rose

Face à Brive, le Stade Français jouera une de ses dernières cartes pour les barrages. Mais les Parisiens n'ont pas leur destin en main et doivent compter sur les faux pas du Racing.
A l'image de Juan Manuel Leguizamon face aux Toulousains Maestri, Donguy et Lamboley, le Stade Français ne domine plus ses adversaires.(EQ)
A l'image de Juan Manuel Leguizamon face aux Toulousains Maestri, Donguy et Lamboley, le Stade Français ne domine plus ses adversaires.(EQ)

Après la défaite concédée face à Toulouse (0-29), les joueurs du Stade Français sont restés cloîtrés dans leur vestiaire du Stade de France. Seul leur entraîneur Jacques Delmas s'est présenté à la presse. Après les secousses internes liées aux blessures et aux suspensions, cette défaite (la plus lourde encaissée au Stade de France) était de trop pour une équipe qui semble presque résignée à ne pas disputer les phases finales pour la première fois depuis 2002. La seule bonne nouvelle dans cette journée noire venait, en fin de soirée, de la défaite du Racing-Métro 92 à Montpellier. Un petit espoir de qualification subsiste donc. «Le Stade Français ne fait plus peur. On a vu des Toulousains qui ont eu une possession de 95% en première période, et on s'en sort miraculeusement avec 0-9 à la mi-temps. Il faut des arguments pour essayer de construire quelque chose et aujourd'hui, on ne les a pas», constate, fataliste, Jacques Delmas.

Pas de leader de jeu

Le départ de Juan Martin Hernandez n'a jamais été comblé.

La crise qui semble atteindre le Stade Français ces derniers temps ne date pourtant pas d'hier. «Tout ceci n'est pas le fruit du hasard non plus. Le début de saison a été compliqué, il y a eu un traumatisme», rappelle Jacques Delmas. Lui et Didier Faugeron ont été appelés en catastrophe le 10 septembre au chevet d'une équipe déjà malade. Il faut dire aussi que la saison dernière, un arbre magique cachait la forêt d'un jeu pas toujours inspiré. La lumière venait bien trop souvent des seules inspirations de l'Argentin Juan Martin Hernandez et son départ n'a jamais été comblé. Ni par un recrutement déséquilibré, ni par la prise de responsabilité d'un Lionel Beauxis de plus en plus éteint au sein de l'effectif parisien. Et le fort apport de joueurs anglo-saxons à l'intersaison impliquait également un temps d'adaptation au Top 14 supplémentaire. Or, ce temps, le Stade Français ne l'a plus devant lui.

Delmas, à propos du quart contre Toulouse, : «On partira avec dix longueurs de retard. Mais même quand on a aucune chance, il faut la jouer à fond»

Et comme si cela ne suffisait pas, personne n'est capable de mettre dehors le chat noir qui a fait sien le vestiaire parisien. Les blessures de longue durée de Sergio Parisse et de Brian Liebenberg sont de méchantes épines dans les pieds d'un géant aux chevilles d'argile. Et on se rappelle encore de l'intérim forcé de Southwell à la mêlée. Et à cela, il faut ajouter les suspensions de Julien Dupuy (23 semaines) et David Attoub (70 semaines) à cause d'une "fourchette" lors d'un match de Coupe d'Europe. Le coup est d'autant plus dur en ce qui concerne Dupuy qu'il s'était installé à la tête du jeu parisien et que ce secteur se retrouve complètement orphelin. Preuve en a été donnée face à Toulouse, où jamais les Parisiens n'ont réussi à se montrer menaçants balle en mains. Pas de quoi se montrer très optimiste avant une "belle" en quart de finale européen, au Stadium qui plus est.

Club atypique dans son fonctionnement, le Stade Français réfléchit à une remise en question. Un directeur sportif au dessus des entraîneurs est notamment évoqué. Mais quels entraîneurs. Officiellement Jacques Delmas et Didier Faugeron ne sont que ''consultant techniques''. Un statut qui évite au club de leur faire signer un contrat d'entraîneur. Un contrat qui ne leur a toujours pas été proposé pour la saison prochaine. Pas si rose que ça la vie du Stade Français. - Bertrand LAGACHERIE

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